J'avais fait ce dessin il y a peut-être deux ans, pour un projet de timbre avorté. Il représente le mémorial de la résistance qui
surplombe la commune où j'ai passé mon enfance et une partie de mon adolescence: Chasseneuil-sur-Bonnieure en Charente. Le monument fait face à plusieurs lieux d'implantation de maquis. Essayez de vous figurer quelque chose de trés gros: l'ensemble atteint
21 mètres de haut. 2000 tonnes, dont 800 en béton armé, le reste en pierre de taille. Le début des travaux, en 45, fut accompli par une soixantaine de prisonnier de guerre allemands. Il fut
inauguré par Vincent Auriol en 1951. De Gaulle vint s'y recueillir en
63.
Outre son architecture générale, le monument est couvert de bas-reliefs que je n'ai pas représentés ici. On y trouve des allégories, dont la France se libérant de ses chaînes.
Le monument est solidement planté au milieu d'un champ de tombes: la nécropole nationale comprend 2255 sépultures. Fusillés, morts en déportation ou au champ d'honneur. Sous l'édifice se trouve
une crypte dans laquelle reposent 28 héros de la résistance. Comme écrin, 3000 rosiers.
C'est un lieu que j'aime profondément, plus proche du ciel que bien des cimetières, plus gai si j'ose dire, empreint d'une certaine mélancolie douce. La paix, pour tout dire, habille ces morts de
guerre. J'y retourne régulièrement, avec toujours le même respect. Ce même respect que j'ai devant les monuments que le quidam ignore, sur lesquelles s'amoncellent les noms de ceux de 14. Juste
pour nous rappeller une chose: ils ont fait cela pour que nous n'ayons jamais à le faire.
Ceux-là ont résisté en temps de guerre. Résistons pour la paix.
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J'avais fait ce dessin il y a peut-être deux ans, pour un projet de timbre avorté. Il représente le mémorial de la résist ...