Sans y accorder beaucoup de crédit, j'adore me perdre dans les livres et jeux de cartes ésotériques, les tarots, les interprétations de la kabbale et, d'une façon générale, les réflexions plus ou moins sérieuses de l'astrologie. En vérité cela s'explique trés bien: il y a là une source intarissable pour l'imaginaire, et trés souvent il est passionnant de remonter aux origines mythologiques des croyances modernes, qu'elles soient profondes, comme le sont les religions, ou superficielles, comme le sont souvent les astrologies. Suivant l'adage selon lequel il n'y a pas de fumée sans feu, je trouve passionnant d'étudier sous cet angle certains traits de caractère ou certaines passions que la psychanalyse (une branche moins drôle de l'astrologie) ne saurait expliquer.

Je ne sais pas expliquer ma fascination pour les loups par exemple, il me plaît donc d'imaginer que je fus loup dans une autre vie (mais j'aborderai la question des réincarnations bouddhistes avec beaucoup plus de sérieux un de ces jours). Que m'en dirait un psychanalyste? Oh, j'imagine qu'il me trouverait un truc improbable niché dans mon enfance, et qu'à la fin de la séance il m'aurait prouvé par A+B que j'avais dévoré des camarades de classe en maternelle, afin de devenir chef de meute. Et comme les chefs de meute sont des femelles chez les loups, il aura relevé cette homosexualité latente qui ne demande qu'à s'exprimer et m'encouragera à aller danser travesti au prochain spectacle de Michel Polnareff!

Plus étrange encore, pour être en accord avec le dessin du jour, ma méfiance vis-à-vis de l'eau*... Me suis-je noyé dans mon enfance? Mes origines charentaises et mon environnement bordelais me condamnent-ils à ne boire que du vin et du pineau? En vérité je ne vois vraiment pas... Sauf si je me laisse aller à l'astrologie!

Eh bien, sincèrement, je crois que chacun d'entre nous a des affinités, et bien sûr des inimitiés, avec certains éléments, et que cela plonge dans des profondeurs mystiques liées au grand noeud de la vie et de la mort. Je suis bien avec la terre, et assez mal à l'aise devant la mer, au contact de l'eau. J'aime la roche et l'odeur de l'humus, je n'aime pas le vent qui file et s'évapore. Qui n'a pas de ces sentiments? D'où nos sensations tirent-elles leur sèves? N'est-il pas passionnant de plonger au sein de nos coeurs pour tenter l'approche du grand mystère? La réponse importe peu. Méditer n'est pas un outil: c'est à la fois le chemin et le but.

Frédéric MATHIAS

*Si vous avez vu l'excellent "Incassable" du non moins excellent M.Night Shyamalan, vous comprendrez que la vision de ce film, qui met en scène le monde du dessin comme miroir de la réalité, et dont le héros a peur de l'eau, fut une véritable révélation pour moi. Comme je vous parle souvent de cinéma, je précise au passage que selon moi, Shyamalan est le meilleur depuis Hitchcock sur le plan de la mise en scène, et que le divorce qui s'opère peu à peu entre le public et lui est tout à fait compréhensible: c'est la marque d'un homme qui approche de plus en plus sa personnalité profonde et qui s'éloigne de plus en plus des lois commerciales.
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